Nathalie Khayat, Une Céramiste Passionnée

Ce qui a attiré mon attention lors de ma rencontre avec la céramiste libanaise Nathalie Khayat (Dans le cadre de mes études à l’Université Saint Joseph de Beyrouth) c’est la féminité dégagée de son travail, une touche délicate propre à elle vient donner à ses œuvres une beauté particulièrement sensuelle. Une artiste chevronnée et motivée, elle tient à avoir son propre monde, elle refuse de s’affaiblir et quelque soit les pressions de la vie, elle continue à travailler et réussi à délivrer un résultat joli, raffiné et une céramique qui raconte l’histoire d’une femme qui l’aime passionnément.

Un atelier, foyer familial
Nathalie Khayat est une céramiste libanaise. Elle a étudié la céramique à Montréal au Canada et en 1999 elle ouvre son atelier à Beyrouth où elle travaille et enseigne actuellement.
Khayat avait débuté dans le cinéma mais une force qui, comme par magie, la transporta de ce domaine vers l’art de la céramique, en 1993 elle entre dans un univers dont elle ne retourne pas, de l’argile dans les mains, elle commence à travailler et façonner des choses d’art et de chaque jour ; de l’argile à la porcelaine elle crée des merveilles de céramique, elle est persuadée que l’argile a une mémoire et s’abandonne amoureusement à son travail. Une maman qui considère son atelier comme une seconde maison, une annexe à son foyer familial.

Blessures physiques et inspiration
Miraculée, elle et son fils de l’attentat d’El-Achrafieh en 2012 qui avait coûté la vie à huit personnes, ils subirent quelques blessures et son atelier fut complètement endommagé par le souffle de l’explosion. Elle affirme dans des propos recueillis par la journaliste Andreane Williams : «Je ne veux pas insister sur cet événement car il s’agit de l’histoire de tout les gens de ce pays, pas seulement la mienne… Il est vrai que mon travail a été influencé par l’attentat. Avec ma dernière collection, j’ai fait un vrai travail sur la craque, lié à nos blessures. Il y a une réelle beauté dans la fragilité, dans nos blessures. Les nus dans ma collection par exemple, sont des nus qui se tiennent, qui ont leur histoire et qui l’assument. Ce sont des pièces qui avaient besoin de crier, de s’exprimer, de s’ouvrir par le centre. Il y a aussi un travail sur la mémoire, sur l’argile qui garde les gestes en mémoire”.

Activités
L’atelier de Nathalie Khayat n’est pas particulièrement calme, il se situe en plein cœur de la ville, dans le quartier d’El-Achrafieh, paysage sonore, grondement sourd des véhicules, klaxons, conversations des passants, tout ce tumulte d’une ville à la foi orientale et moderne fait partie de la vie quotidienne de son atelier, Khayat s’y sent heureuse…
Entre son tour de potier, son argile, ses fours, ses coups de cœur, ses créations et les œuvres débutantes de ses étudiants, Nathalie avoue n’éprouver aucun regret d’avoir choisi cette voie, pour elle il s’agit du vrai bonheur et d’une réelle chance…
Passionnée par la céramique blanche Khayat donne une sensualité aux asymétries de ses œuvres qu’elle imprègne à la fois d’un raffinement et d’une complexité sauvage. Son travail se présente en deux aspects, des pièces très proches de la sculpture et des pièces du quotidien comme des bols et des assiettes mais Khayat a également souvent envie d’exprimer des idées et des sensations, elle se trouve souvent face à de nouvelles « conquêtes », son exposition The Eye above the Well en est un exemple. À Beyrouth où à Londres Nathalie expose ses émotions à travers des œuvres aussi belles l’une que l’autre.
Nathalie a beaucoup voyagé, cela l’a forgé et inspiré. Absorbée par la passion de la céramique, elle est à l’écoute du matériau dans toutes les étapes de son travail.

Source de la photo:  Site web de Nathalie Khayat

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